note du 04/10/08:
Les cours ont finalement commencé le 02 Octobre, bien que l'on nous ait demandé d'être présent aussitôt la première quinzaine de Septembre achevée. Ce temps mort, alloué théoriquement aux diverses animations organisées par le BDE local, à la visite des lieux qui s'avère très succincte, et à la présentation du programme BA TOP-UP organisée par le responsable, aura en fin de compte, globalement servi à rien sinon m'installer confortablement et surtout jouer au touriste; les animations n'ayant pas grand intérêt, et étant donc peu suivies par la population étudiante...
07/11:
Les premières fêtes du campus, qu'organisent ponctuellement des résidents dans leur cuisine, ont eu lieu. Les filles de l'ESG n'ont pas vraiment l'humeur à faire la foire dans une cuisine, mais les connaissant bien, leur curiosité les fera bien venir un jour tôt ou tard. Mis à part l'intérêt festif, c'est aussi le moyen le plus aisé de rencontrer ses quelques six cent voisins venant du monde entier, soit près de 198 nationalités au total. Mais avec une nette concentration tout de même, d'étudiants originaires des 20 pays que composent l'Asie de l'Est, du Sud-Est, et le sous-continent indien.
On y rencontre souvent le gardien de nuit, qui éprouve la difficulté amusante, à la fois de veiller sur nous, et de nous surveiller. A chaque venue, il semble partagé entre nous laisser responsable du bon déroulement de la soirée, et nous imposer les limites contractuelles auxquelles chaque étudiant doit normalement se plier.
Les soirées du campus, se ressemblent toutes un peu, déjà par l'endroit, car il faut dire que les cuisines en Formica, toute blanche, avec des éviers qui ne mélangent pas eau chaude et eau froide, sont mémorables; mais aussi par les invités, que l'on croise, et recroise après plusieurs fois déjà, dont certains dans un habituel anonymat: les visages vous disent quelque chose, mais c'est pas aujourd'hui qu'ils viendront entamer une discussion avec vous.
Enfin, mis à part ça, c'est tout de même sympa la vie en campus...
D'ailleurs, le protocole pour intégrer ces soirées, est toujours le même; et l'on pourrait certainement l'énoncer comme une recette de cuisine, que l'on finit par connaître par cœur, à force de l'appliquer:
En un. Errez autours des bâtiments, et regardez aux fenêtres des cuisines. Si dans une d'entre elles, des étudiants rient et dansent un verre d'alcool à la main, décidez d'y aller.
En deux. Préparez votre mot de présentation, dans un anglais que vous chercherez à rendre, non pas le plus élégant possible, mais avant tout compréhensible et chaleureux. Si la bienvenue vous est souhaitée, référez-vous à l'étape suivante.
Dans le cas contraire, saluez-les d'un air à manifester votre compréhension pour le dérangement que vous occasionnez, et recommencer la première étape.
Essayer ensuite de parler aux personnes qui vous semblent sympathiques, tout en communiquant votre bonhomie.
Puis, patientez environ cinq minutes à écouter ce que l'on vous dit. Pendant ce temps-là, prenez un verre et repérer les bouteilles oubliées. Servez.
Voilà, prêt à consommer!
note du 08/12/08:
J'ai bien fait d'acheter un guide. Je n'arrête pas de m'en resservir. Bien que je sois à Londres depuis près d'un semestre, la ville n'a pas encore fini de me montrer toutes ses merveilles...
LONDRES, le 09/02/09:
Dés demain, je serai à Paris pour une semaine de "reading week" (angl: semaine de lecture). Les cinq dernières se sont agréablement bien déroulées, depuis mon retour sur Londres; et il est déjà temps de repartir...
Je commence à ramener certaines affaires pour ne pas être trop encombré lorsque viendra mon retour sans doute définitif, de Platt Hall, au mois d'Avril.
LonDon, 13/03:09:
Un mois entier depuis mon dernier écrit, mais pas une seule nuit depuis ma dernière insomnie. Et oui, malgré le renouvellement géographique, et une intime envie de dormir, les bonnes vieilles insomnies, elles, restent sédentaires ! Mais comme disait le machiste le plus lettré de France, j'ai nommé Jules Renard: "Le soleil se lève avant moi, moi je me couche après lui : nous sommes quittes."
Heureusement, j'ai avec moi une armoire numérique, pour me changer les idées, et regarder de bons films!
(...)
J'allais presque oublié, de vous raconter brièvement les faits depuis un mois.
Deux choses me viennent très rapidement à l'esprit: le Punk Bar et le Mahiki. Deux clubs qui se distinguent sur la recherche thématique: l'un ou règne une ambiance moderne et branchée, et l'autre aux références exotiques recréant un petit monde "GO du club med"; mais qui se retrouvent tous les deux sur un indéniable fait, que le nombre impensable de jeunes femmes, qui les fréquentent, toutes aussi enivrantes les unes que les autres. Je ne saurai dire si le dépaysement y est pour quelque chose, de la charmante image que je me suis faite des Londres, mais je m'obstine, avec regret, à penser que Londres est bien plus peuplée de créatures aux charmes ensorcelants, que ne l'est Paris. Je constaterai mes préjugés au retour.
Ma chambre, 18/03/09
Il est précisément 11:58, je viens de fermer la fenêtre à un bourdon. Heureusement, ce dernier était seul, et ne s'est donc pas senti l'envie de me piquer de son dard affuté. (...)Il doit être égaré, perdu au milieu de ses baraquements tous identiques, et de ses fenêtres sur lesquelles il vient lamentablement se cogner...
Les premières bouffés d'air sont purs, et le soleil est au beau fixe.
Tout le décor est planté pour retranscrire le charme d'un agréable jour de printemps; si ce n'est ce petit vent frais qui vient me glacer les extrémités du corps. fzzzzzzzzzz! pieds, nuque, bouts des doigts...j'ai froid!
Parenthèse fermée, je ne regrette absolument pas d'affronter les rayons de soleil du petit matin qui, aiguisés comme des baïonnettes, viennent me piquer les yeux; ni même ceux qui sont apparus presque tous les jours depuis le mois de Septembre, époque de mon débarquement. Un temps de rêve à l'arrière; et à l'horizon un moral qui s'en satisfait pour l'instant.
Cela trahit tout de même quelque chose, un réchauffement climatique peut-être(...) Il fait bien trop beau pour être vrai! Et l'aiguille barométrique qui s'affole de ne pas voir la pluie tomber à Londres! Tout cela ne me dit rien qui vaille! Je te le dis, on nous trompe!
Car en effet, il ne pleut pas à Londres. J'ai pourtant acheté l'équipement complet et porter l'uniforme fièrement, essayant au mieux de ressembler au soldat Londonien affrontant la pluie: parapluie droit métallique à manche boisé, et aux couleurs de l'Angleterre... imperméable, mais aussi petit parapluie noir, pliant, passant inaperçu, idéal pour le glisser dans son barda... manteaux chauds à capuche ou à fourrure; mais rien! Le temps, décideur colérique, exerce sa tyrannie et la porte au plus haut du ciel(...) Il a chassé les nuages et se moque des longues attentes du petit soldat comme moi!
Le temps qu'il ferait à Londres, objectivement pensé dans l'imaginaire collectif n'est pas, et l'on pourrait croire au bourrage de crâne sans en tenir tort(...) Mais je ne peux t'en dire plus, Ô lecteur attentif...Faute de temps et d'envie d'écrire.
Place au soleil, aux gamelles préparées, aux gourdes remplies, et aux nourritures de réserve pour passer toutes ses après-midi dans les parcs...car je suis prisonnier, oui, mais du beau temps!
journée du samedi 21 Mars:
J'ai bien cru ne jamais y arriver, à sortir de chez moi, et me diriger vers le centre de Londres, tant j'ai obstinément demandé la présence d'un compagnon de route; car aucune des personnes ici, que je considère comme mes amis, et en augmenterai même mes considérations d'attributs gratifiants, comme "proche" ou "intime", n'a voulu m'accompagner.
Mais comme dit si bien l'adage, "on n'est jamais mieux servi que par soi-même", que je n'ai pas eu à me répéter une seconde fois avant de partir en excursion.
Seul, individuel, solitaire, privé d'un accompagnement, qui ne reflétait que la prétention de l'entourage, et voulant à tout prix éviter le terrible affront de l'ennui, qui sévit particulièrement les beaux jours de sorties; j'ai donc avancé vers Londres, agacé par le manque de coopération, qu'expectait naturellement toute amitié, qui porte convenablement son nom!
(...)
Finalement, mon petit périple s'est avéré être des plus jouissifs....
petite consternation du matin du 27 Mars 2009:
Je m'aperçois que la fin de l'année approche à grands pas, et je n'ai toujours pas achevé la visite des sites, monuments, et autres classiques incontournables.
La liste n'est pourtant pas si longue, me référant au guide et à mes brèves connaissances de la ville qui se titrait autrefois capitale du plus grand empire du globe; et il ne me reste qu'un mois pour tout boucler... Que de programmations en perspective pour le mois d'Avril !!
(...) retour aux révisions pour présentation devant jury ce midi. A la prochaine.
Je viens d'arriver à la maison. Les premiers feedback de ma présentation sont de bon augure...
Journée tout sourire!!
Lundi 06 Avril, dans ma chambre, à 05:19, c'est mieux:
Les cours ont finalement pris fin Mercredi dernier, en date du 1er Avril. Cela dit, il reste tout de même deux rapports a rendre après la date du 20, et l'examen final de Contemporary Issues In Business, aura lieu le 29. J'aurais aimé finir tout plus tôt...
Quelques heures de sommeil plus tard:
Je suis enfin réveillé. La plupart des Français ont profité de la période de révision pour rentrer sur Paris, moi non. J'entame probablement mon dernier mois d'aventure londonienne, avec un petit pincement au coeur, alors que Platt Hall semble se désertifier.
La soirée "the last french kitchen" a été un total massacre, même si la joie et l'amitié étaient au rendez-vous.
Joe, Morgan, Samuel, Romain, et moi-meme, tel "le club des cinq", avons enchaîné des soirées trois jours de suite, entre la French kitchen, le Ministry Of Sound, et le Tiger Tiger, qui n'étaient pas des plus réussies... Il en reste tout de même le souvenir mémorable d'un enchaînement persistant, nuit après nuit, de situations rocambolesques, entre le Ministry dépeuplé, une French kitchen annulée à cause d'une alarme incendie, et un Tiger Tiger totalement décevant.
Jeudi 14 Avril 2009, 17:45
Je reprends ma petite activité d'écriture après cinq jours de coupure internet.
Au cours des quelques derniers jours, j'ai effectué plusieurs visites en solitaire, comme je me l'étais promis le mois dernier, sachant l'échéance de mon départ de Londres.
J'ai commencé par enjamber la tamise, et mettre le pied du côté de Southbank, petit coin de paradis les jours de beau temps lorsque les promeneurs viennent flâner le long de la Tamise; à mon grand malheur, le temps n'a pas été clément la semaine dernière.
Privé du temps, et de son homophone, je me suis concentré sur la visite du Tate Modern. L'édifice, une ancienne centrale électrique, dont on peut apercevoir la cheminée au loin à l'horizon, est en lui même assez impressionnant. Le bâtiment composé de cinq étages, n'en dessert que deux en réalité à sa collection permanente, et en consacre un troisième aux expositions temporaires. Quant aux autres niveaux, ils sont affectés par la rentabilité du musée et servent ainsi aux diverses activités lucratives: restaurant, librairie, café,.. La collection temporaire est riche d'artistes de renom, dont les œuvres retracent, salle après salle, les différentes vagues mémorables qui se sont formées dans l'infinie Art contemporain. C'est d'ailleurs en ce cas, que s'ouvrira une extension du Tate, en 2012 selon les prévisions.
(suite au prochain épisode)
Vendredi 24 Avril, 04:46:
Harassante journée que le jeudi 24 Avril, premier jour de l'année scolaire que j'ai dû passer à travailler entièrement, du lever du soleil à la nuit bien avancée, au fond d'une petite salle informatique de Middlesex University, dont la moquette grisonnante et le ronron intempestif de l'air conditionné me rendirent presque fou.
Les yeux rivés devant un écran d'ordinateur et les doigts qui tombaient lamentablement dans les pièges les plus grossiers que le clavier qwerty leurs tendait, en substituant des zones de frappe stratégiques, comme la paire de touches "q" et "a" entre autres, je n'avais qu'à rédiger mon rapport, éreinté mais gardant l'espoir d'achever ce compte rendu au plus vite.
La persistance et la ténacité auront finalement eu le dernier mot, car mon rapport est finalement terminé!! Et les autres Français en ont encore pour toute la nuit..
Même jour, 05:56:
Le soleil est déjà bien haut dans le ciel et je n'ai pourtant pas encore fermé l'œil de la nuit.
Je viens tout juste de terminer le visionnement du film LOL (Laughing Out Loud) de Lisa Azuelos, comédie légère, ciblée sur les vertiges de l'adolescence, qu'ils concernent l'amour, les conflits générations et parentaux, ou encore l'amitié et le franchissement des interdits. En esquissant avec parfois quelques faussetés le portait d'un groupe d'adolescents de la classe aisée parisienne, le film confronte peu la réalité, et dresse plutôt une image fraîche et pleine de tendresse sur les ados d'aujourd'hui, ajoutant à cela une Sophie Marceau qui inverse les rôles depuis La Boom.
A voir au coucher. Pourquoi pas.
A l'heure et au jour d'une révélation:
En farfouillant dans l'immensité audiovisuelle de YOUTUBE, j'ai mis la main avec beaucoup de hasard et peu de circonstances, sur une prestation parmi tant d'autres de Rory Gallagher, un célèbre chanteur et guitariste de blues-rock, sinon celui que Jimmy Hendrix a désigné comme le meilleur guitariste au monde, bien loin devant sa personne.
En outre, il n'y avait à jouir d'aucune exaltation particulière, ni à la découverte de cette chanson, ni à l'idée de vous en faire part; mais la raison est apparue en faisant défiler, d'un geste machinal, la description sommaire de la vidéo, que mes yeux se sont rapidement focalisés sur cette partie de texte: "performed at Middlesex Polytechnic".
Pris d'un élan d'excitation à la lecture de ces quelques mots je me suis immédiatement lancé dans une recherche sur wikipédia, essayant de mettre la main sur l'histoire de MDX. En quelques clics, je me suis retrouvé sur la page de l'université, et me suis confirmé dés les premières lignes, que le nom Middlesex Polytechnic avait tout simplement précédé celui de Middlesex University.
La découverte de cette coïncidence ne concernait certes que moi, et restait en tout point anodine, et pourtant l'impression d'avoir reçu une révélation d'un grand ordre, m'a tenu toute l'après-midi...
Vendredi 08 Mai 2009:
Je quitte Londres le lundi 12 Mai 2009.
Tout ça me manquera en fin de compte: les moments tous uniques, indescriptibles et si riches en émotion qui m'ont définitivement changé. Toutes les bouffées d'air que je respirais tous les matins, accoudé à la fenêtre de ma résidence en me disant que j'étais à Londres; il est temps maintenant que je les expulse. Et les badauds londoniens avec leur charme typique que je croisais tous les jours, je ne les croiserai plus sur les chemins de Paris. Quant à ces belles anglaises qui ont détourné le gouvernail de mon cœur embarqué sur ce voyage, je devrai m'acquitter d'elles en m'enivrant de jolies parisiennes.
Cette année s'achève désormais, même si j'en retarde la fin chaque jour en repoussant mon départ.
J'en garderai des milliers de souvenirs qui ne feront qu'enrichir ma mémoire; tous autant importants les uns que les autres, et qui feront que cette année restera inoubliable.
Ce qui importe, c'est que je ne sois pas effrayé de quitter Londres, et retrouver la terre de Paris, car je n’ai rien à regretter de ces huit derniers mois qui s’achèvent. Ma seule crainte serait celle de l’avenir, qu'un beau jour l’évanescence frappe aux portes de ma mémoire et entame la déconstruction de l'image unique et merveilleuse de Londres, que j’ai bâtie tout au long de cette année.
Quand ma mémoire me fera défaut, et que mes souvenirs se raréfieront, c'est à cet instant que
j'aurai peur.
Repères : angleterre, london, londres, mdx, middlesex
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